mardi 22 novembre 2011

L'âge d'or d'Hollywood

Age d’or d’Hollywood (1928 à 1965)
Après quelques années de découvertes et d’innovations, Hollywood a enfin atteint ce qui est aujourd’hui vu comme ses années de gloire, l’ère des studios, son âge d’or. Les studios se sont créé un système qu’ils contrôlaient des pieds à la tête et réussissaient à générer de l’argent à nouveau.




Le studio system : de la production à la distribution
Le Grauman’s Chinese Theater de Los Angeles fut construit
en 1927 date de cette période ou les studios se faisaient con-
struire leurs propres salles de cinéma. Il est aujourd'hui célèbre
comme étant le lieu du Hollywood Walk of Fame.
C’est durant ces années que, le cinéma étant géré par des businessmen, Hollywood contrôlait de façon plus ou moins légale tout le système, du début à la fin. Quelques années avant le début de l’âge d’or, les studios avaient déjà commencé ce processus d’intégration verticale, où les studios se mettaient à s’approprier tout ce qu’ils pouvaient. Pour être certain d’avoir un retour sur leur argent, les studios voulaient garantir la diffusion de leurs films, ils se sont donc mis à investir de l’argent dans des salles de cinémas, autant dans l’achat de celles existantes que dans la construction de nouvelles salles prestigieuses. Avec ces nombreuses salles à leur disposition, les studios se mettent à pratiquer une technique appelée le block booking. Elle consiste en la vente de films d’un studio par lot de 10, la majorité de ceux-ci étant des petits films de série-B. Ainsi, si les salles de cinémas voulaient présenter les 2 ou 3 plus gros films qui allaient générer du revenu, ils n’avaient pas le choix d’acheter les petits films des studios de moindre qualité que personne ne tenait à voir. Les bobines de films sont produites en quantités limitées, elles servent pour ouvrir en première dans les plus prestigieuses salles et sont ensuite passé d’un « niveau » de salle à l’autre (d’abord les salles de riches suivi des salles plus modestes pour finir dans les cinémas de quartiers pauvres qui doivent se contenter de la bobine usagée), limitant ainsi les dépenses au strict minimum.

            En plus des lieux de tournages, de montages, des compagnies de distribution et des salles de diffusion, les studios avaient aussi des acteurs et réalisateurs qui travaillaient sous contrats. Ces derniers n’ayant pas la possibilité de renégocier les termes de leurs contrats, ils sont d’abord engagé et payé comme étant ce qu’ils sont, des nouveaux acteurs inconnus, mais les studios en font par la suite des vedettes que tous reconnaissent et continuent de les payer comme leur première semaine de travail.

            De plus, avec la venue du son vient la possibilité du doublage, rendant les films plus accessibles au niveau international. L’Europe étant quelque peu affectée par la guerre qui a lieu durant ces années, il est difficile de leur en vouloir d’investir moins d’argent dans le cinéma. Celui des américains s’établit donc sur la scène internationale comme tout simplement inévitable. C’est sur qu’il y a encore des productions étrangères de qualité, mais aucune n’arrive à la cheville de la production américaine, autant en terme de quantité que de grandeur. C’est durant ces années que les studios prennent non seulement le contrôle du cinéma à travers toutes les États-Unis, mais aussi étendent leur puissance et influence à travers le monde.

Les « Big Five » et  leurs producteurs
Les grosses compagnies de l'époque auxquelles ont se réfère
aujourd'hui comme étant The Big Fives. Certains de ses logos
peuvent sembler familiers, puisque 4 de celles-ci sont encore
actives de nos jours.
Durant ces années, le marché était majoritairement dominé par ceux qui sont surnommés comme étant les « Big Five » de l’époque, c'est-à-dire MGM, Paramount, Fox, Warner et RKO. Ce sont elles qui possèdent les studios, les salles de cinémas, les gros acteurs, etc. Bien sur ils n’étaient pas que ces cinq sur le marché, il y avait des plus petits studios indépendants ainsi que les « Little Three » (Universal, Columbia et United Artists), qui eux se distinguent des grands en se limitant à la production et la distribution. Les gros studios ont en leurs propriétés environ 3000 salles à travers le pays, mais ce sont les plus prestigieuses, tandis qu’il y a environ 15 000 salles indépendantes, mais ce sont ces 1/5 qui se partagent 75% des revenus. Il y a aussi un plus petit studio qui apparu durant ces années et qui se distinguait des autres en créant des films exclusivement animés. La Walt Disney animation Company s’est démarqué en 1937 avec la sortie de son premier film, Blanche-Neige et les sept nains, le film le plus rentable de l’époque (avant que Autant en emporte le vent vienne lui voler le titre, 2 ans plus tard). Disney faisait quelque peu honte aux autres studios dans ces années puisqu’un studio indépendant avait réussit à produire un gros succès avec beaucoup moins d’argent, plus rapidement et en ayant aucune grande star attachée au projet.

Le fonctionnement interne de ces studios à l’époque était simple, bien sur il y avait, sur papier, des réalisateurs et des scénaristes, mais les vrais dirigeants dans le processus de création du film étaient les producteurs, c’était ceux dont on utilisait l’argent qui avaient le dernier mot. Par exemple, on engageait un réalisateur, on lui donnait un script qu’il n’avait pas le droit de retoucher et on lui disait, scène par scène, sous quel angle filmer, etc. Ensuite, lorsque le tournage était fini, on lui enlevait les bobines et le réalisateur ne revoyait plus jamais son film avant que celui-ci soit en salle. Ainsi, pendant l’âge d’or d’Hollywood, ce ne furent pas les artistes engagés par les studios qui créaient les chefs d’œuvres mais bien, dans la majorité des cas, les financiers. Le scénario décrit ci-dessus est un cas extrême, mais ce n’était pas rare de voir cela arriver et le reste du temps, ce n’était pas très loin de cette situation.

                                      Résultat de cette ère, héritage culturel

Le système de ces années était peut être illégal, comme nous le verrons plus tard, mais on n’appelle pas cette période l’âge d’or pour rien. Étant des businessmen très déterminés à ne pas perdre d’argent et à obtenir des résultats, les films qui sont sortis de ces années font partis des films les plus mémorables et on leur doit certaines des imageries les plus marquantes dans le cinéma d’aujourd’hui. Puisque les studios étaient vraiment déterminés à plaire au public, ils investissaient de l’argent dans des projets qui étaient des succès presque garantis, on leur doit donc des classiques comme Autant en emporte le vent, King Kong, Les dix commandements, Le magicien d’oz, Ben Hur, Casablance, Citizen Kane, La vie est belle et plusieurs autres.
          
                 Des 8 studios (9 si on compte Disney), il en reste aujourd’hui 6 qui sont (en dehors de Disney, qui reste en premier plan une société de production) majoritairement des sociétés de distribution. Columbia, Warner Bros., 20th Century Fox, Universal et Paramount appartiennent toute à  des plus grosses compagnies qui les ont rachetés durant la période de crise qui va suivre l’âge d’or, ce qui est abordé dans la section sur le déclin de l'âge d'or.
Disney ressort vainqueur de cette époque, considérant son
ampleur contemporaine et le fait qu'il est le seul à être encore
une compagnie qui réalise ses propres films et n'est pas la
propriété d'une autre plus grosse compagnie.
           Ces aussi de à cette période que l’on doit la naissance du star-system comme on le connait aujourd’hui. Puisque comme mentionné plus tôt, chacun des studios avaient leurs propres vedettes, ils mettaient beaucoup d’emphase sur celles-ci pour vendre des billets, misant sur la popularité et la familiarité que les foules avaient avec ces acteurs. Ainsi, les studios mettaient d’énormes efforts pour donner l’impression que leurs vedettes avaient des personnalités que le public apprécierait, tout cela dans l’idée de vendre des billets. En 1913, Adolph Zukor fonde la Famous Players Picture (littéralement « Film aux joueurs connus ») en se servant uniquement des bénéfices d’un film qu’il a fait avec sa nouvelle tête d’affiche, Sarah Bernhardt. Il déclare même « Nous avons construit l’industrie cinématographique sur la star », ce n’est pas rien venant de l’homme qui est le fondateur des circuits « Nickel Odeons » abordés plus tôt. Le slogan de la MGM devient même, pendant un certain temps, « More stars than there are in Heaven », rien de moins. Aujourd’hui, les acteurs ont la liberté de travailler pour le studio qui leur plait et ne signent généralement pas de contrat pour plus qu’un film à la fois. Par contre, cette transformation des acteurs en idoles est restée et souvent, lorsqu’un studio est hésitant envers un film, il va choisir de le financer seulement si une célébrité est attachée au projet.

Olivier Maltais